Dans les yeux de Nathalie E04
"Ô Capitaine, ma capitaine !"

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Du 21 au 27 janvier 2013, Zagreb accueillait les championnats d'Europe de patinage artistique. Fabian Bourzat blessé aux adducteurs, Nathalie était présente dans la capitale croate avec un statut inédit jusqu'à présent : celui de capitaine de l'équipe de France. Retour sur expérience...



Mercredi 9 janvier 2013, à Detroit où nous vivons et nous entraînons, Fabian, mon partenaire, s’est blessé lors de l’entraînement.
Le diagnostic tombe : déchirure et détachement de l’adducteur droit. Nous étions en pleine préparation des championnats d’Europe et double tenant du titre.
C’est donc tristes, déçus et frustrés que nous nous sommes résignés à déclarer forfait.

Le président de la Fédération Française des Sports de Glace, Monsieur Gailhaguet, m’a alors proposé d’être le capitaine de l’Équipe de France pendant l’événement. J’avais déjà endossé ce rôle l’an passé pour les championnats du monde par équipe, mais en tant que membre de l’équipe sportive. Les objectifs de ma venue étaient clairs : être aux côtés de mes camarades, les supporter, les accompagner et, pour certains, leur faire profiter de mon expérience. J’ai accepté avec plaisir, pour leur montrer que je suis là, que nous sommes ensemble, soudés dans l’adversité. C’est essentiellement pour cette raison que j’ai accepté ma mission.

Bien que le patinage soit un sport individuel, nous avons, de fait, constitué une bonne équipe depuis les Jeux Olympiques de Vancouver 2010. Nous nous connaissons bien et il y a une saine émulation. Et si un membre de l’équipe est absent, cela plombe un peu l’ambiance, c’est un coup dur ressenti par chacun d’entre nous.
Lorsque les copains ont appris la nouvelle, ils m’ont ainsi envoyé des mots sur facebook ou par skype : « T’inquiète Nath, on sera là pour toi ! ». Mais, forte de la proposition de notre président, j’ai immédiatement rectifié « Non, non, c’est le contraire les mecs ! C’est moi qui viens pour vous ».

J’avoue que pendant les quelques jours qui ont précédé mon départ, j’étais un peu stressée : allais-je être capable de leur apporter de l’énergie positive alors que j’étais moi-même plutôt « en dedans » ? pourrais-je supporter, émotionnellement parlant, le fait de suivre la compétition de danse sur glace sans en faire partie ? Mon partenaire m’a motivé à y aller, pour les copains, pour la fédération.

Sitôt débarquée de l’avion, je me suis rendue à la patinoire car la compétition de danse sur glace venait de débuter. Et là, gros coup de cafard en entrant dans l’arène… J’ai versé quelques larmes (je suis un peu sensible) et je suis allée trouver le Team Leader dans les gradins. Je la connais bien puisqu’elle est aussi juge de danse sur glace. Nous avons parlé de Fabian, de la compétition et puis de l’équipe de France et de l’état de forme des patineurs.
C’est à partir de ce moment-là que je me suis dit, un peu en souriant : « Allez… Pour la France » ! J’ai arrêté de me morfondre, ma mission commençait. Il a fallu que je croise un de mes « co-équipiers » dans les couloirs pour que mes craintes s’envolent aussitôt ! Très vite, je les ai tous vus, et plutôt que de leur parler « blessure », « déception », etc… je leur renvoyais la balle : c’était eux qui avaient besoin d’attention. La Team leader et le président de la fédération m’ont aiguillée.

La 1ère journée était consacrée aux réglages, à mon emploi du temps. Jean François Ballester, coach de couple artistique, m’a demandé si je pouvais l’assister : être avec lui en bord de piste, l’accompagner dans le Kiss and Cry (zone où l’on attend ses notes sous les caméras après le programme) en prétextant que ça fera du bien à sa patineuse. Je me suis dit qu’athlète ou coach, je devais faire mon possible pour que tout le monde y trouve son compte et soit à l’aise.
Être en bord de piste juste avant les passages, et être « passive » c’est quelque chose qui s’apprend, qui se dompte. On vibre avec les patineurs, la musique et les réactions des coachs. Puis, je me suis retrouvée dans le Kiss and Cry sans mes patins (une première !) mais avec une dose de stress en moins, je l’avoue. Ce moment « coach-athlète » est très intéressant, il y a ceux qui débriefent le programme, ceux qui se projettent déjà dans le suivant...

Les journées sont longues lorsqu’on n’est pas compétiteur. On accompagne les athlètes, on adopte une attitude « disponible », c’est à dire que l’on se met au service de l’athlète : on peut discuter, se taire, rire, se serrer les mains, etc… selon leurs besoins. Puis, on échange avec les coachs et le staff, un peu dans le même esprit : on refait la compétition du jour ou on extériorise le stress de la compétition du lendemain. On blague aussi, on se détend, il y a une bonne ambiance.

Au final, je retire un bilan très positif de cette expérience, et ce, tant pour l'expérience personnelle que pour les performances des Bleus. J’ai ainsi été aux cotés de la nouvelle recrue de l’équipe de France, Lénaëlle Gilleron-Gorry, 17 ans, pour son 1er grand championnat. J’ai pu voir Brian Joubert se surpasser et se surprendre lui-même (!!!), Chafik (Besseghier) vouloir plus, mais qui réalise tout de même le top 10 et Florent Amodio gagner sa 3ème médaille européenne (en 3 championnats d’Europe !).
Les couples artistiques, arrivés 4ème et 7ème, ont réussi à qualifier 3 places pour l’an prochain... du jamais vu ! De son côté, Maé-Bérénice Meité, après le programme court, s’est relevée et s’est battue comme une lionne, elle était pleine d’énergie, de motivation. Quant aux danseurs, ils ont fait des programmes propres qui ont beaucoup plu à l’audience et ont pris la 10ème place..

Enfin, j’ai vécu les coulisses du championnat et je pense que c’est important à notre niveau : on prend conscience de la « machine de guerre » qui est mise en place pour les sportifs. On sent et ressent l’esprit de cohésion, de solidarité, d’excellence et de dépassement, au sein de notre délégation.

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