Du bronze dans la voile

Médaille
Crédit photo : Liot / FFVoile / DPPI
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Source : FFV

Jonathan Lobert, 27 ans, n'aime pas perdre de temps. Ce Nantais d'adoption est un homme pressé et franchit les étapes vers les sommets de sa discipline à toute vitesse. Depuis sa conversion au Finn, filière très exigeante sur le plan physique et constamment en recherche d'innovations technologiques, il y a 5 années, "Jon" n'a cessé de progresser jusqu'à devenir l'un des tous meilleurs finnistes au monde. Cet athlète bâti comme un rugbyman enchaîne les bons résultats, terminant notamment deuxième de la Coupe du Monde et finissant sixième du mondial 2011. Personne ne le voyait à un tel niveau aussi vite...

Alors forcément, pour ses premiers Jeux Olympiques et compte tenu de ce statut naissant, l'envie de médaille devait être très forte. Dans un coin de sa tête devait trotter l'image d'un podium sous les anneaux. Aujourd'hui, ce lointain rêve est tout simplement devenu réalité.

Alors qu'il était en embuscade après les dix premières régates, classé 4ème au général, le Nantais s'est élancé pour l'ultime manche des Jeux avec l'idée de faire un coup et de modifier l'ordre établi... Tout au long de la medal race (manche finale comptant double), le Français a semblé à son aise sur le plan d'eau de Weymouth, en recherche permanente de vitesse. Et c'est en boulet de canon qu'il a conclu sa compétition olympique, franchissant le premier la ligne d'arrivée, remportant cette régate finale et grimpant par la même sur la troisième marche du podium. Podium qu'il partagera avec deux grands champions de la voile : le Britannique Ben Ainslie, maître incontesté de la discipline et tenant du titre, qui accroche l'or pour la quatrième fois de sa carrière et donc une cinquième médaille à son palmarès, et le Danois Hogh-Christensen. Une preuve de plus, si cela était nécessaire, que notre tout jeune médaillé olympique fait désormais partie du gratin du finn.

Crédit photo : FFV

Jonathan prend la succession de Guillaume Florent, qui avait ramené le même métal de Pékin, en 2008, et ouvre la voix des médailles pour la voile française, qui compte encore 8 séries en compétition. Il ne reste plus qu'à prendre sa vague pour ses camarades de l'équipe de France. Les supporters tricolores, massés sur la colline de Nothe, n'attendent que cela pour faire flotter au vent les drapeaux bleu-blanc-rouge.

J’ai réalisé quand j’ai compté les bateaux (Jonathan Lobert)

Jonathan Lobert - Médaille d'argent en Finn (Voile)
« Pendant les dernières 24 heures, il y a eu des moments plus ou moins difficiles. Je me disais que j’étais aux Jeux Olympiques avec la possibilité de faire une médaille et j’ai essayé de profiter au maximum. C’est plutôt François (le coach), qui a pris toute la pression. J’ai réalisé quand j’ai compté les bateaux. Sur le coup, je n’y ai pas cru et je me disais qu’une victoire en medal race sur les Jeux Olympiques, c’était déjà bien. Battre Ben Ainslie sur ce qui est peut être sa dernière course en Finn représente quelque chose pour moi. La première fois que je l’ai vu gagner une course, c’était à la télé et je faisais de l’optimist à l’époque ! Je lui ai dit en rentrant, il a dit qu’il se faisait vieux ! Aujourd’hui, je pense à toutes les heures passées sur l’eau avec Thomas Le Breton et François Lecastrec. Je n’y crois pas encore tout à fait. Ce matin, je savais que c’était possible si je faisais la meilleure manche. Et quand j’ai vu que le Néerlandais (Postma) revenait, je me suis dit que ce n’était pas possible. Il revient de nulle part en prenant une risée magique. Je me disais que c’était fini et il a pété les plombs. Il fallait qu’il fasse une erreur. »

François Lecastrec - Entraineur de Jonathan Lobert
« Je suis encore sur mon nuage et j’y suis pour un petit moment. Je suis ému, c’est un moment sympa. Il y a de l’émotion qui correspond à beaucoup de travail. Jon nous a fait un truc incroyable. Quand tu regardes la configuration, ce matin, tu te dis qu’il faut qu’il soit très bon et qu’il ait de la réussite. J’ai vécu cette course comme un moment pas très agréable car, aux Jeux, tu suis les courses de loin, à la jumelle. C’est un moment intense mais tu ne sais pas trop ce qu’il se passe et tu ne peux rien faire. »

Il faut avoir le cœur bien accroché ! (Philippe Gouard - DTN)

Philippe Gouard - DTN de la FFVoile
« J’ai vécu cette manche dans la douleur. Jusqu’à 30 secondes de l’arrivée, ce n’était pas joué et c’était même perdu. On ne sait pas trop ce qu’il s’est passé avec le Néerlandais et là, on a explosé. J’étais avec les kinés et ce sont des émotions exceptionnelles. Il faut avoir le cœur bien accroché. Ce sont des émotions que l’on ne vit jamais dans une vie normale. »

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