Riner : « toute la France poussait derrière lui »

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Vendredi 3 août, la salle de judo de l'ExCel Arena est devenue un petit coin de France à Londres pour soutenir Teddy Riner dans sa quête olympique. Ambiance.

« Qui ne saute pas n’est pas Français, qui ne saute pas n’est pas Français… » Et la majorité du public de la salle de judo de l’ExCel Arena saute. Teddy Riner aussi.
Grimpé dans une tribune pour embrasser les membres de sa famille, les dizaines d’amis, les centaines de fans, les photographes, le champion olympique embrasserait bien la terre entière si, à grand mal, les officiels ne l’obligeaient pas à redescendre sur terre. Sur la moquette précisément où il court pour recevoir bientôt sa médaille d’or. Le monde lui appartient. Il a transformé cette halle en un petit coin de France. C’est son dernier tour de force de la journée.

Ils auraient voulu être des milliers dans cette Arena pour son couronnement. Les heureux privilégiés savourent. Anonymes, champions, politiques, c’est l’union nationale derrière le géant. Guy Drut, invité au nom du CIO à remettre les médailles des podiums masculin et féminin, apprécie. « J’ai été en quelque sorte le premier à le féliciter. Sur le podium, je lui ai dit que j’étais super content que ça me faisait un p…. de plaisir. Il est fantastique. Tout le monde l’attendait et il est là à l’heure H, le jour J. Il n’a pas flanché. »

Dans la tribune officielle, le champion olympique de 1976 côtoyait pendant le combat Alain Calmat et Valérie Fourneyron. David Douillet se tenait un peu plus bas. Une vraie réunion ministérielle. « Comment ne pas retenir cette explosion de joie dans cette salle, lâche la ministre des sports. On avait l’impression que toute la France poussait derrière lui. Il ne manquait plus que ce titre à son palmarès. Et en même temps il est tellement jeune sa carrière ne fait que démarrer. On a fait le plein d’émotions ».

De l’émotion, Marie-José Pérec en a plein la voix en trottant à grandes enjambées derrière la tribune pour rejoindre le héros. « Énorme, énorme, crie-t-elle. J’ai vécu ça avec les amis. C’est un truc de dingue. Il l’a fait. » Elle court, elle court Marie-Jo, la triple championne olympique, bouleversée par le talent de son « petit frère ». Guadeloupéen comme elle, Teddy a pu compter sur le soutien d’un clan de 125 proches dont il a préparé la venue. Dont 80 de Guadeloupe.

Dans le tourbillon de la victoire, c’est aussi une belle ovation qui accueille David Douillet, son glorieux aîné, quand le Normand est appelé à remettre les bouquets de fleurs aux médaillés. Douze ans après Sydney, le titre olympique des lourds redevient possession française. « Je décèle beaucoup de plaisir chez lui dans ce qu’il fait, décrypte le double champion olympique. Teddy, ça se voit, est heureux d’être sur un tapis. Il savoure, c’est une vraie plénitude quand on est un compétiteur, croyez-moi. Il était déjà dans l’histoire du judo et il va continuer à la faire grandir. C’est une personnalité dans la vie. C’est un gentil. Souvent les grands sont gentils. J’espère que sa carrière va durer le plus longtemps possible. Le voir au niveau où il est aujourd’hui et se dire qu’il a une telle marge de progression, c’est impressionnant. »

Près des vestiaires, au calme ou presque, Benoît Campargues, son entraîneur, la cravate jaune toujours nouée autour du cou, raconte encore et encore sa journée. Les 5 combats. Vidé. Heureux. « Tout le monde voyait tellement Teddy champion avant d’avoir combattu qu’il fallait avancer pas à pas. On n’était pas là pour faire le spectacle mais pour l’efficacité. » Elle a été au rendez-vous. « Son titre il l’a à vie, renchérit René Rambier, directeur du haut niveau à la fédé de judo. Il est allé au bout de son objectif. Maintenant aller en chercher un deuxième dans quatre ans, ce serait pas mal non plus, hein ?. »

A quelques mètres, la tête au dessus de son auditoire, le champion olympique parle calmement. Il ne voit pas le Russe Alexander Mikhailine, sa dernière victime du jour, passer dans son dos, tête basse. Teddy savoure. On réalise qu’il n’a que 23 ans et le plus beau palmarès de l’histoire du judo. « C’est un kif. J’ai toutes les médailles maintenant. Mais j’arrête pas, non, non ! Je vais d’abord prendre de très grandes vacances. Trois mois, quatre mois ! Là j’ai pas encore très faim, mais ça va repartir. » Il a un solide appétit, l’avenir lui appartient.

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