Emilie Fer : "J'aime jouer avec la rivière"

Interview
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« Je ne me rappelle pas de ma manche, vraiment. D’ailleurs j’aimerais bien la revoir assez vite .» Depuis quelques heures, Emilie Fer est championne olympique de kayak. Elle vient de quitter le bassin de Lee Valley, se remémore « quelques images rapides» et se dit qu’elle « voudrait revenir dès demain sur l’eau. Pour le plaisir. »

A 29 ans, elle a décroché cette médaille d‘or qu’elle n’avait vu que de loin à Pékin (7e de la finale).
Oubliées les blessures, les mauvaises places qui ont émaillé ses dernières saisons. « Entre la demie où je suis 3e et la finale, je suis restée très… neutre. Plutôt que de penser à ce que j’avais traversé, j’ai songé au futur. » Pas du genre à aller chercher la motivation dans les pépins antérieurs. La victoire sera au bout de l’envie.

J’ai respecté le projet de course qu’on avait bâti avec l’entraîneur. Je ne vais pas dire que je n’avais pas l’habitude de ne pas cartonner en demi et en finale mais là… Ça a du m’arriver à ma dernière épreuve de Coupe du monde. Mais je n’avais pas gagné au bout.

Elle a « marché » sur l’eau en finale, terminant avec 61/100es d'avance sur la jeune Franco-Australienne Jessica Fox, 18 ans, fille de Myriam Fox-Jerusalmi, médaillée de bronze du K1 français aux Jeux près d'Atlanta en 1996. « Je ne voulais surtout pas partir en dernier. En même temps, arrivée en bas je n’ai pas regardé la course des deux filles derrière moi. Ce bassin m’a tout de suite plu depuis que je l’ai découvert. Il est mordant, il fait la différence. Je me suis vraiment senti libérée sur cette eau. J’aime bien jouer avec la rivière comme on nous apprend gamin quand on commence à naviguer. J’ai eu cette sensation aujourd’hui. »

Dès samedi, elle sera loin de Lee Valley. Pas de rab à Londres. « J’avais prévu quoiqu’il arrive de rentrer vite pour voir toute la famille. Je les ai quittés depuis si longtemps. Ils sont partout en France, je vais prendre le temps d’aller voir tout le monde. J’ai besoin de décompresser et partager après tout ça
Le moment venu, elle reviendra sur l’eau. « Je vais penser à la suite bien sûr. Ça compte. J’aimerais bien être au départ du championnat du monde l’an prochain.» C’est déjà demain.


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