Aviron : puissance 4 !

Exclusif
Partagez

Source : FFSA

Quatre des cinq bateaux français engagés aux Jeux de Londres étaient invités à se mettre à l’eau, dans l’élégant bassin d’Eton Dorney, dès la première matinée des épreuves olympiques. Au programme, les séries. Jamais facile, parfois truffées de pièges. Mais l’équipe de France a traversé cette première étape sans connaître la moindre frayeur. Les quatre coques ont toutes gagné leur billet pour les demi-finales. Le score parfait.

Une très bonne entame de compétition, résume Pascal Berrest, le DTN. Les rameurs ont su prendre leur course à leur compte, en se montrant d’entrée à leur meilleur niveau de performance.

Cédric Berrest et Julien Bahain l’ont fait les premiers, en tout début d’une matinée noyée sous un soleil écrasant. Le tirage au sort leur avait réservé un adversaire de taille, le double Norvégien Hoff/Borch, vainqueur de la dernière Coupe du Monde, en juin à Munich. Les Français ont mordu dans la course avec une belle application, pointant légèrement en tête à mi-parcours. Leur deuxième 1000m a été plus difficile. Troisièmes de leur série, derrière les Norvégiens et les Italiens Sartori/Battisti, ils réalisent un chrono de 6’19’’61, le neuvième de la flotte. Mais ils ont assuré l’essentiel, une place en demi-finale, au contraire des Australiens David Crenshaw et Scott Brennan, les champions olympiques en titre, contraints de passer par les repêchages.

En remportant sa série avec une belle autorité, le quatre de pointe poids légers a constitué l’une des bonnes surprises de la matinée. Fabrice Moreau, Franck Solforosi, Thomas Baroukh et Nicolas Moutton n’avaient pas la partie facile, avec une solide concurrence chinoise, néerlandaise et polonaise. Mais, partis avec l’idée de jouer la gagne, ils ont su prendre les devants au train, puis résister jusqu’au bout, contrant avec maitrise l’attaque des Chinois et le retour des Néerlandais. Résultat : une victoire en 5’50’’79, le deuxième chrono des séries pour les Bleus, seulement devancés au temps par l’équipage britannique (5’49’’29).

L’autre bonne surprise de la matinée, côté français, est venue du quatre de couple. Adrien Hardy, Pierre-Jean Peltier, Matthieu Androdias et Benjamin Chabanet ont assuré sans frayeur leur place en demi-finale, dans une série à cinq où ils devaient batailler face à la Russie, l’Estonie, les Etats-Unis et l’Italie. Leur première partie de course a été prudente, comme souvent, mais leur retour a convaincu. Leur deuxième 1000m, avalé en 2’53’’62, a été le plus rapide de leur série. Les Français ont bouclé l’affaire à la 3ème place, en 5’44’’25, derrière la Russie et l’Estonie, avec un ultime 500m en 1’25’’82.

Une bonne entame, certes pas suffisante, mais qui donne confiance, explique Sébastien Vieilledent, l’entraîneur du quatre de couple. Ils vont monter en puissance de jour en jour.

Germain Chardin et Dorian Mortelette n’ont pas connu plus d’angoisse pour se sortir des pièges de ce premier tour de compétition. Les deux acolytes du deux de pointe ont pris la deuxième place de leur série. Au passage, ils ont renvoyé dans les oubliettes de l’histoire leur record personnel, grâce à un chrono final de 6’17’’22. Pour eux aussi, la suite s’annonce pleine de promesses. Pour eux aussi, il n’est pas prétentieux de penser à une place sur le podium. Mais, sauf catastrophe, la victoire ne devrait pas échapper dans cette catégorie aux Néo-Zélandais Eric Murray et Hamish Bond. Les triples champions du monde ont dominé la série des Français et écrasé l’ensemble de la compétition, en s’offrant tout simplement le record du monde, en 6’08’’50. Bluffant.

Réactions :

Cédric Berrest (deux de couple) : « On savait que le deux de couple était l’une des catégories les plus serrées cette saison. Les séries l’ont encore prouvé. La demi-finale s’annonce difficile, mais il sera très excitant d’y être. Les trois bateaux qui ont gagné leur série ce matin ont pris un petit avantage pour les médailles, mais rien n’est fait, loin de là. Avec Julien, on rame ensemble depuis quatre ans, mais on est encore en train d’apprendre. On sait ce qui ne va pas sur notre enlevage, c’est à la fois technique et psychologique. Il va falloir régler tout cela. »

Julien Bahain (deux de couple) : « On a bien engagé dans le début de la course. On peut être satisfait de notre premier 1000m. Après, quand les choses s’emballent, on a plus de mal. Il y a des choses à régler sur cette partie, mais on a effectué des changements techniques pendant le stage terminal. A nous, maintenant, de poser les dernières briques tout en conservant la base de notre premier 1000m. Les Australiens, champions olympiques, se retrouvent en repêchages. Nous, on passe. Et on a confiance. »

Franck Solforosi (quatre de pointe poids légers) : « On a contrôlé et exécuté ce qu’on voulait faire. Un bon départ, puis un train assez dur pour mettre les autres bateaux en difficulté, mais sans jamais être en surrégime. Quand les Chinois nous ont attaqués, on a su les contrer. Ils ont fini par craquer. J’ai lancé l’enlevage à 400/45 m de la ligne pour se mettre à l’abri. On sait que le bassin peut se montrer désavantageux pour les lignes extérieures lorsque le vent souffle de côté, il était donc important de gagner notre série. Le résultat de ce matin met en confiance. Il valide aussi le gros travail effectué pendant le stage terminal. »

Fabrice Moreau (quatre de pointe poids légers) : « Au départ, nous avions confiance. Pendant le stage, les sensations ont été bonnes et le travail très positif. Le résultat de cette série, avec cette victoire, valide les sensations de vitesse ressenties ce dernier mois à l’entraînement. Mais il ne faut pas s’enflammer. On a battu trois adversaires, il en reste neuf à rencontrer. J’ai toujours pensé que la demi-finale serait la course la plus difficile et la plus stressante des Jeux. Je n’ai pas changé d’avis. Nous sommes des outsiders, on a peu parlé de nous cette saison, mais cette situation n’est pas pour me déplaire. »

Adrien Hardy (quatre de couple) : « Le tirage au sort annonçait une série compliquée. Mais on a su réaliser une course sérieuse et appliquée. On a bien exécuté les consignes. Notre second 1000 m est le plus rapide de la série. Il nous reste maintenant, dès la demi-finale, à accélérer la cadence dans la première moitié du parcours pour être capables d’agresser les autres en fin de course. Notre marge de progression est réelle. Il faut maintenant la mettre dans le coup de pelle. »

On a des jambes de fou ! (Adrien Hardy)

Pierre-Jean Peltier (quatre de couple) : « Dans cette course, on était confrontés à de sérieux clients. Mais on a su s’accrocher et rester proches d’eux. Si on applique sur l’eau, en demi-finale, ce qu’on sait faire, le bateau peut aller très vite. Mais il va falloir réussir un premier 1000m plus rapide pour se mêler à la bagarre. »

Benjamin Chabanet (quatre de couple) : « Notre premier obstacle, c’était nous-mêmes. On le savait. Notre entame de compétition n’est pas notre point fort, mais là tout s’est bien passé. On a franchi cet obstacle, sans avoir l’impression de puiser dans nos réserves. »

Germain Chardin (deux de pointe) : « C’était une bonne course. Un bon gros départ, un premier 1000m rapide, puis on a su enclencher quand les Polonais nous talonnaient. On savait que les Néo-Zélandais étaient des avions de chasse. Et ils vont de plus en plus vite. Ils ont même battu le record du monde. Mais il fallait essayer de s’accrocher. »

Dorian Mortelette (deux de pointe) : « Pour une entrée dans la compétition, c’est plutôt réussi. On a su accélérer après le premier 1000m. On a montré de la puissance. Et le temps de cette série est notre meilleur chrono absolu, alors qu’on ne se sent pas du tout cramés comme après une très grosse course. Il va maintenant falloir passer l’obstacle de la demi-finale, pour pouvoir tout lâcher en finale. C’est notre objectif depuis le début. »

  •  Adidas
  •  EDF
  •  Française des jeux
  •  Tarkett
  •  Bmw
  •  BPCE
  •  Orange
  • Somfy
  •  Allianz