Christian Donzé : " L’excellence est un moteur ! "
Interview
Dernier rendez-vous de la natation avant les Jeux Olympiques, le 6e Open EDF se déroulera les 6 et 7 juillet 2012 pour le plus grand bonheur du public parisien. Les stars de la discipline vont se livrer une lutte fratricide dans les bassins de la Croix-Catelan : Michael Phelps, César Cielo ou Aaron Peirsol chez les garçons ; Laure Manaudou, Federica Pellegrini, Libby Trickett ou Therese Alshammar chez les filles sont déjà sur les plots près à bondir ! Christian Donzé, le directeur technique national de la Fédération française de natation, revient avec nous sur cet événement, le potentiel de l'équipe de France et les chances de médailles pour Londres.
Quelle est l’importance pour les athlètes de cet Open EDF ?
C’est la dernière compétition de répétition avant les JO. Sans en attendre des performances de très haut niveau, cela représente les derniers réglages, un entraînement avant la grande échéance. On n’impose aucune exigence, car on attendait des résultats surtout lors des championnats de France. L’Open EDF permet de travailler les départs, de régler une fin de course. Ensuite, tout sera fait pour travailler la récupération.
Laure Manaudou
Votre équipe de France est composée de nombreux leaders comme Yannick Agnel, Camille Muffat ou Laure Manaudou. Comment expliquez-vous l’explosion de la natation française sur la scène internationale ?
C’est déjà l’expression de talents individuels. Depuis quatre ans maintenant, cette équipe de France a pris forme parce qu’elle ne s’appuie plus seulement sur une ou deux individualités mais sur un collectif beaucoup plus homogène. On a d’excellents relais, avec cinq équipes qualifiées aux Jeux Olympiques dont quatre qui ont un potentiel de médaille. On est donc passé d’une équipe d’experts à une équipe experte.
C’est la fin d’une Olympiade, d’un cycle. Il faut surtout rester mobiliser sur l’objectif et ne pas se tromper de but.
Quelles sont vos ambitions de médailles pour Londres ?
Je vais vous faire une réponse très courte : nous avons l’ambition de gagner. Nous croyons que tout est possible. Après, si l'on se fait battre par plus fort, c’est la règle du jeu. Notre moteur, c’est l’excellence. L’année dernière, nous avons décroché dix médailles aux championnats du monde. Sur dix, nous en obtenons huit sur des épreuves olympiques. Je pense donc que si l’on fait six médailles, dont deux titres, ce sera à nouveau un résultat historique pour la Fédération française de natation.
Les nageurs sont très actifs sur les réseaux sociaux, n’est-ce pas une crainte pour vous ?
Je pense que cela devient un problème si ce n’est pas contrôlé. Il ne faut pas être en décalage avec son temps. Les jeunes fonctionnent avec ça, on a de grands nageurs qui sont spécialistes de ces moyens de communication ! J’ai déjà fait passer un message et mis en garde par rapport à certaines expériences malheureuses. C’est d’abord la responsabilité des athlètes. Notre rôle consiste à leur expliquer les divers problèmes qu’ils peuvent rencontrer. Une crainte, non, mais le mot méfiance est de mise.
Michael Phelps
Il y a eu les sélections américaines dernièrement, avez-vous porté une attention particulière aux résultats ?
Soit on regarde les sélections US avec admiration et on en prend plein les mirettes, soit on reste concentré sur son objectif. Les Américains ne représentent qu’une partie de nos adversaires, même si c’est, en effet, la Nation la plus forte du monde et qu'ils sont beaucoup plus nombreux que nous. Je ne fantasme pas sur eux, je respecte leur nage. Voilà tout. Maintenant, certaines de nos têtes d’affiche rivalisent largement avec les meilleurs nageurs américains et il ne faut surtout pas oublier les Italiens, les Brésiliens, les Australiens… C’est aussi ça la beauté de la compétition.
Quel discours allez-vous tenir à vos nageurs juste avant Londres ?
Je vais leur dire que tout est possible. Il faut être engagé, investi et ne pas s’occuper de ce qu’il y a autour. Il faut être convaincu du travail qui a été fait et concentré sur la compétition qui se présente. Quand on a la chance de faire les Jeux Olympiques, alors tout devient possible… La réussite une détermination ! On a tous hâte d’y être, c’est encore dans trois semaines et demi, mais c’est demain aussi !
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