Des installations olympiques à Londres, 64 ans après
A moins de 50 jours de l’ouverture des Jeux, Londres a définitivement rôdé toutes ses installations. Avant même de savoir quel sera le futur du stade olympique et de ses 80 000 places, la répétition générale en mai dernier a séduit tout le monde. L’organisation des Mondiaux d’athlétisme en 2017 laisse même à penser que l’hypothèse d’une concession du stade à un club de football ne remettra pas en cause l’avenir de l’athlétisme dans cette magnifique arène.
Par souci de développement durable et de gestion rigoureuse pour ces Jeux 2012, le LOCOG a fait porter ses efforts sur la réalisation d’ouvrages neufs principalement dans le Parc olympique et s’est évertué à en assurer la pérennité économique au-delà des Jeux.
Pour leur troisième organisation, les Britanniques ont donc enfin bénéficié de temps pour réaliser au mieux leur vaste chantier olympique. Ce ne fut pas le cas lors des deux premières fois.
A l’époque, dans un contexte économique bouleversé, le gouvernement britannique et le comité d’organisation, dans lequel figure notamment Harold Abrahams, premier européen champion olympique du 100m à Paris en 1924, va cherche à gérer au mieux son maigre budget. Londres vit en pleine austérité et pourtant les Britanniques vont réussir leur pari.
Micheline Ostermeyer
Celui du stade olympique d’abord. L’enceinte de White City, construite pour les Jeux de 1908, n’a jamais été entretenue et il serait trop périlleux d’y refaire des compétitions et accueillir les spectateurs sans une importante restauration au coût élevé. L’Empire stadium de Wembley, inauguré en 1923, va le remplacer avantageusement. Il accueille les cérémonies d’ouverture et de clôture. Mais aussi le football, le hockey sur gazon et surtout l’athlétisme. Mais c’est seulement deux jours avant le début des Jeux, que la piste réservée aux courses de lévriers est transformée en piste d’athlétisme cendrée. C’est là que qu’Alain Mimoun gagne sa première médaille olympique. En argent. Celle du 10 000m, derrière le phénoménal Tchèque Emil Zatopek.
Dans Wembley aussi, Micheline Ostermeyer décroche ses deux titres au poids et au disque. Il y était même prévu les concours de gymnastique en plein air. Il faudra y renoncer à cause de la météo (pluie et froid) et installer dare-dare les gymnastes dans l’Empress hall d’Earl’s court.
Cet été, le site de la North Greenwich arena, rodée depuis plusieurs années, offrira un tout autre confort aux athlètes.
L’Aquatics centre construit près du stade olympique sera encore un des points chauds des JO dans la première semaine. Cela avait été déjà le cas en 1948 où les gradins de l’Empire pool, toute proche du stade de Wembley, avaient fait le plein quotidiennement de 8000 spectateurs. Mais la grande nouveauté, à l’époque, c’est le choix d’une piscine couverte. Une grande première dans l’histoire olympique pour nageurs et plongeurs.
Et pour optimiser l’occupation de l’Empire pool, qui n’allait plus être utilisée après les Jeux, dès la fin des compétitions de natation, on installa des poutrelles d’acier au dessus du bassin pour poser le… ring qui allait servir aux tournoi de boxe.
Ce souci d’utiliser des bâtiments déjà construits amène les organisateurs à réquisitionner les halls de la foire exposition de 1924 notamment pour les épreuves d’escrime (où la France empoche trois médailles d’or). Même objectif pour l’Harringay Arena, au nord de Londres, créée en 1936 et devenue une patinoire à l’époque. Elle fera une très belle salle de basket-ball. Et pas n’importe laquelle puisque c’est là que l’équipe de France obtient la médaille d’argent, battue en finale par les USA.
En revanche, les pistards de Florian Rousseau peuvent toujours aller humer l’air du vélodrome en plein air de Herne Hill, au sud de la capitale. L’équipe de France de poursuite y gagna le titre en 1948. Le vélodrome couvert de 2012 a une toute autre allure, évidemment mais après avoir failli disparaître Herne Hill espère une deuxième vie grâce à la mobilisation d’associations. Londres lui doit bien ça. C’est ici, pendant la guerre, que l’on entreposait ces gros ballons avant qu’ils soient suspendus dans les airs pour « protéger » les bombardements de l’aviation allemande sur la capitale britannique.
Soixante quatre ans plus tard, Londres a fait peau neuve mais les souvenirs restent.
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