Taekwondo : la ruée vers l'or

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La journée en or du taekwondo français

A quelques dizaines de minutes d'écart, Gwladys Epangue et Anne-Caroline Graffe sont devenues championnes du monde, vendredi 6 mai 2011 à Gyeongju en Corée du sud, le pays du Taekwondo. Pour Gwladys, c'est une 4e médaille consécutive dans les Mondiaux, après 2005 et 2007 (argent) puis 2009 (or), toujours en -67kg. Elle s'impose ici dans sa nouvelle catégorie des -73kg avant de se projetter vers la qualification aux Jeux de Londres 2012, son objectif central de la saison. La Tahitienne Anne-Caroline Graffe écrit pour sa part une page de l'histoire sportive de la Polynésie française en triomphant en finale des poids lourds. Toutes deux ont gagné le titre en dominant des combattantes coréennes, ce qui situe la portée de leurs exploits. Avec le bronze remporté le 4 mai par Marlène Harnois en -57kg, la France termine 3e du classement des nations de ces Mondiaux 2011. Interviews et vidéos.



Glwadys Epangue : « Ce titre là est magnifique !»

Gwladys Epangue remporte sa 4e médaille consécutive dans les championnats du monde. Après l’argent en 2005 à Madrid et en 2007 à Pékin, puis l’or en 2009 à Copenhague, toujours en -67kg, la championne francilienne s’impose dans sa nouvelle catégorie des -73kg. Vendredi 6 mai 2011 à Gyeongju, elle bénéficie de la décision des juges en finale face à la Coréenne Oh Hye Ry, après que le combat soit allé en prolongations à 2-2 à la fin du temps réglementaire. Gwladys prend date pour le parcours de qualification aux Jeux Olympiques de Londres, son objectif majeur de la saison. Elle raconte sa journée dorée en Corée.

La finale
« Cette finale, ça a été un match à couteaux tirés. J’ai marqué les deux premiers points du combat, mais Oh Hye Ry n’a pas paniqué. Elle est revenue petit à petit en profitant des mes erreurs, pour finalement égaliser à 2-2 au 2e round. Dans le 3e, nous n’avons pas marqué. Embarquées dans le golden score, nous avons toutes deux essayé d’attaquer, de trouver des solutions, mais personne n’a scoré. Ce sont donc les juges qui ont décidé de ma victoire. Je n’en revenais pas ! Je pensais que la prime reviendrait à la coréenne qui évoluait à domicile. Du coup, je n’ai pas réalisé tout de suite. Avec un peu de recul, je me dis qu’en fait, j’ai réussi à rester offensive tout du long, que je lui ai mis une grosse pression et que j’ai beaucoup tenté. C’est pour cela que j’ai été désignée championne du monde ».

Un 2e titre mondial en deux ans
« Ce titre là est magnifique. Réussir à le faire deux fois, cela signifie que l’on a progressé. On ne peut pas être championne du monde à deux années d’écart sans avoir évolué, car le taekwondo évolue lui aussi, et sans avoir énormément travaillé. J’ai notamment su m’adapter à la nouvelle règle, qui nous voit combattre avec des plastrons électroniques. Je n’étais pas dans l’optique de conserver un titre, puisqu’à Copenhague en 2009, j’avais gagné en -67kg. Là, j’en remporte un autre, dans ma nouvelle catégorie des -73kg. A la veille du tournoi de qualification olympique, je marque le coup. »

En route pour la qualification olympique
« Le système de qualification pour les Jeux de Londres est très compliqué. Nous ne partirons au tournoi de « qualif » à Bakou (Azerbaidjan) en juin qu’à quatre athlètes, deux garçons et deux filles. Il faut déjà se sélectionner pour cet évènement ! Ensuite, il faudra remporter le quota… puis briller pour pouvoir représenter la France en 2012, c'est-à-dire, à nouveau, gagner sa sélection. C’est un vrai parcours du combattant, mais c’est pour cela que je me bats. La route est longue, je veux aller chercher le titre olympique, et cela passe par plein de victoires. C’est un gros parcours. »

L’objectif majeur
« Trois heures après ma victoire, je me sens bien, mais pas encore libérée. Je suis venue à Gyeongju avec une grosse envie, mais ces « Monde » ne constituaient pas mon objectif majeur en 2011. Le titre rajoute certes du beurre dans mes épinards, en sachant que je veux me qualifier pour les Jeux, il me reste encore ce poids là, ça ira mieux quand ce sera fait ! »

Un bonheur partagé
« En attendant, c’est la fête. Tout le monde m’entoure, tous mes copains et copines de l’équipe de France, Pascal Gentil est venu de Chine spécialement pour me soutenir, beaucoup d’athlètes de tous les pays m’ont attendu à la sortie du stade pour me féliciter. Ma page facebook déborde de messages. C’est du bonheur ! »



Découvrez Gwladys Epangue à travers une interview vidéo décalée réalisée en décembre 2010 lors de la semaine du sport olympique français à Courchevel


Anne-Caroline Graffe : « Je ne m'y attendais pas...»

C'est grâce à un coup de poing décisif au visage de la coréenne An Sae Bom qu'Anne-Caroline Graffe est devenue pour la première fois championne du monde dans la catégorie des +73kg, celle des poids lourds. La championne tahitienne est montée crescendo dans sa compétition, prenant confiance au fil des tours et se surprenant elle-même, dans la mesure où elle ne s'attendait pas à pareille fête. La réussite de Gwladys Epangue, une demi-heure avant sa finale, comme les conseils prodigués par l'entraineur national Myriam Baverel, ont aidé Anne-Caroline sur le chemin de sa victoire historique...

La victoire de Gwladys
« Gwladys Epangue a gagné environ ½ heure avant ma finale. Je n’ai pas vu le combat, j’étais dans la salle d’appel, mais j’ai entendu crier. Quand j’ai enfin compris ce qui venait d’arriver, ça m’a donné un grand coup de booster. Je me suis dit que rien n’était impossible, j’avais déjà beaucoup d’envie, et là… encore plus ! »

La compétition
« Franchement, je ne m’attendais pas à devenir championne du monde aujourd’hui. Ca s’est fait petit à petit. Je savais que j’avais le niveau, et j’ai fait ce qu’il fallait. Les tours ont été un peu difficiles à passer et je me suis posé beaucoup de questions. Je n’étais pas au top lors de mon premier combat contre l’Autrichienne Kurtovic. Avec notre coach, Myriam Baverel, nous avons beaucoup discuté, elle m’a aidé à bien rentrer dans mon tournoi. J’ai gagné en quarts, puis en demi-finale contre la Russe Kedzierska, j’ai compris que c’était jouable, que c’était ma journée.»

La finale
« Curieusement, c’est lors de cette finale face à la Coréenne An Sae Bom que je me suis sentie le mieux. Je restais sur ma déception des championnats d’Europe 2010, où j’avais été battue en finale. Cela faisait des mois que je me disais "j’aurais pu gagner !" J’y suis donc allée pour n’avoir aucun regret. Ca n’a pas été un beau combat, il a plutôt été stratégique. Je n’ai pas laissé ma rivale développer son taekwondo. A 10 secondes de la fin, j’ai enfin marqué sur un coup de poing au visage. J’ignore comment j’ai réussi à rester lucide jusqu’à la fin du combat. J’avais déjà reçu un avertissement et si les juges m’en avaient mis un 2e, tout se serait écroulé. Voilà, je n’ai pas fait de bêtise, j’ai atteint la fin du 3e round avec ce point d’avantage et je suis championne du monde. Je ne réalise pas !»

La suite de la saison
« Je prends les choses comme elles viennent, étape par étape. Nous avons vécu une grosse préparation pour ces Mondiaux, et maintenant, vacances ! Je vais me reposer, digérer cette victoire, avant de rebasculer sur un nouvel objectif : la qualification pour les Jeux Olympiques. Pour l’instant, il faut déjà que je réalise ce que je viens de faire !»

La première tahitienne de l’histoire
« Chez moi, à Tahiti, ils vont tous halluciner ! Je ne sais même pas comment je vais pouvoir annoncer ça à tous mes proches. Je suis la première championne du monde tahitienne de l’histoire, c’est vraiment un truc de dingue. Après tout, je me dis qu’il n’est pas possible d’avoir galéré comme cela, sué à l’entraînement, s’être données à fond jour après jour, pour ne pas connaitre la réussite à la fin. Je suis très heureuse pour le taekwondo français. Nous finissons 3e nation chez les filles. On va parler de nous, c’est génial...»



Marlène Harnois en mode intime

Marlène Harnois a ouvert le compteur des Bleus à Gyeongju, le 4 mai, en remportant la médaille de bronze dans sa catégorie des -57 kg. La plus Française des montréalaises a survolé sa première journée de combats, écartant sèchement de sa route l'Indonésienne Sanju Boro en 1/32èmes de finale (14-0), la Brésilienne Rafaela Araujo en 1/16èmes (14-2), l'Espagnole Andrea Rica en 1/8èmes (7-0) et la Russe Ekaterina Kuzheleva en quarts de finale (13-4). Médaille assurée en poche, elle s'est présentée dans le dernier carré de la compétition face à la Britannique Jade Louise Jones pour un combat très serré qui s'est achevé sur un score d'égalité 7-7 et a donc connu une prolongation où Jones a marqué le point en or décisif.

Découvrez Marlène Harnois dans une interview décalée réalisée lors de la semaine du sport olympique français à Courchevel.

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