Gilles Muller : « Le tir représente une belle mosaïque »

Interview
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Gilles Muller

La ville de Vierumaeki, en Finlande, accueillait les championnats d’Europe de tir épreuves à 10 mètres, du 14 au 20 février 2012. Si l’équipe de France n’y a décroché que deux médailles, elle totalise déjà 14 quotas pour Londres 2012 !
Voici donc l’occasion de faire le point sur une discipline aux multiples facettes et sur les perspectives olympiques de la Fédération Française de Tir avec Gilles Muller, le directeur technique national.

Quel bilan faites-vous de ces championnats d’Europe ?
C’est un bilan contrasté, puisqu’à l’arrivée nous n’obtenons que deux médailles chez les seniors : l’argent dans l’épreuve à la carabine par équipe chez les hommes avec Jérémy Monnier, Pierre Edmond Piasecki et Etienne Germond et le bronze chez les féminines grâce à Emilie Evesque, Sandy Morin, et Myriam Duperron. Malheureusement, nous revenons sans titre. C’est un peu le bémol de ce championnat.


Êtes-vous passé à côté de votre objectif ?
Pas particulièrement, car nous avions déjà obtenu un grand nombre de quotas olympiques. Ce championnat était donc un peu particulier, puisqu’il y avait de nombreuses Nations pour lesquelles il s'agissait de la dernière chance de se qualifier. Nous étions plus tranquilles à ce niveau là. Cependant, on espérait gagner un quota de plus à la carabine 10 mètres dame. Mais il nous échappe aux nombres de « mouches ». Cela s’est joué à très peu. Néanmoins, cela ne nous pénalise pas vraiment sur le fond car on a déjà ramené 14 quotas olympiques. Nous serons donc présents sur toutes les épreuves. Cela aurait pu être un bonus mais ce n’est pas grave en soi.

Justement, vous êtes l’une des fédérations qui totalise aujourd’hui le plus de quotas olympiques, comment va s’effectuer la sélection ?
La sélection a commencé sur ces championnats d’Europe. Ensuite, il y aura trois Coupes du monde qui vont nous emmener jusqu’à fin mai. Cela permettra aux athlètes ayant obtenu le quota, qui est, rappelons le, non nominatif, de se préparer et d’avoir l’opportunité de marquer des points. Après ces étapes, on fera le bilan. Si jamais nous devons départager des athlètes, nous ferons une sélection olympique en interne qui sera programmée la première semaine de juin. Puis, nous l'annoncerons le 15 juin 2012 avec les noms des 14 qualifiés pour les Jeux Olympiques.

Le tir regroupe trois disciplines, avec 15 épreuves olympiques, et donc énormément de tireurs, comment gérez-vous votre équipe de France ?
C’est vrai que notre sport représente une belle mosaïque avec trois grandes familles : le plateau, le pistolet et la carabine. On a un regroupement traditionnel qui s’effectue au niveau du pistolet et de la carabine, ce qui représente 10 épreuves. Elles sont gérées ensemble avec évidemment des entraîneurs dédiés aux différentes spécialités. Le pôle France carabine est situé à l’INSEP et celui du pistolet à Talence. Néanmoins, lors de toutes les compétitions, les athlètes se retrouvent systématiquement ensemble. La structure plateau est quant à elle complètement différente puisqu’on a très peu d’installations en France. Par conséquent, on va parfois chercher les opportunités à l’étranger, et en particulier en Italie car ce sont les meilleures au monde. En saison hivernale, les sportifs vont un peu au soleil parce qu’ils tirent en extérieur. Là, nous avons des athlètes qui sont suivis individuellement car ils sont un peu éparpillés sur le territoire.

Quels sont vos principaux adversaires ?
La Chine est la nation numéro une. Le tir, c’est leur créneau. Les Chinois y ont obtenu leur première médaille d’or aux Jeux Olympiques de Los Angeles en 1984, et ont depuis investi énormément. Il faut dire qu'avec 15 épreuves, le tir c'est 45 possibilités de podiums. Les Chinois gagnent à peu près 30% des médailles sur les Jeux Olympiques. C’est un vrai rouleau compresseur.

Anthony Terras

Quels sont les leaders de votre équipe de France ?
Au niveau du pistolet, nous avons Franck Dumoulin et Céline Goberville, qui étaient les derniers champions d’Europe 2011. A la carabine, Pierre Edmond Piasecki et Emilie Evesque sont nos meilleurs représentants. Enfin, au niveau du plateau, nous avons un petit panel d’athlètes avec Delphine Racinet et Stéphane Clamart, sur la partie fosse. En skeet olympique, Eric Delaunay est un excellent athlète, puisqu’il est champion d’Europe en titre, sans oublier son concurrent direct Anthony Terras, le dernier médaillé olympique à Pékin.

Quelles sont vos ambitions par rapport aux Jeux ?Nous envisageons une à deux médailles. Potentiellement, il y a des individualités capables de faire un podium à chaque fois, mais la réalité est souvent tout autre. La plus grande difficulté dans notre sport est de rentrer en finale. Les points sont très proches, parfois ça casse et c’est synonyme de déception et parfois ça passe et là ce n’est que du bonheur.

Comment va se dérouler votre préparation ?
Après l’annonce des sélections, on a prévu un regroupement « destination inconnue » la première semaine de juillet. Il y aura tous les sélectionnés et l’ensemble du staff afin de vivre une semaine un peu sympa, immergés dans l’esprit olympique jusqu’au bout des ongles pour vraiment s’en imprégner.

Effectuez-vous des échanges d’expériences entre les anciens déjà médaillés et les jeunes ?
Tout à fait. Nous avons aujourd’hui une équipe de France très forte sur le papier. Avec des sportifs d’expérience comme nos champions olympiques Franck Dumoulin ou Delphine Racinet. On a donc la possibilité d’avoir une transmission, et puis, derrière, on a des jeunes qui sont talentueux et ont fait des médailles sur cette Olympiade. On va donc profiter de ces regroupements, et notamment du regroupement final pour faire monter la mayonnaise et bien se projeter sur les Jeux. Nous avons vraiment prévus d'organiser des sessions de partages d'expérience pour essayer d’être fins prêts le jour J.

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